Courrier St-H_2017-07-06

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Voir la misère pour une dernière fois

C’est après avoir constaté une dernière fois la misère profonde de son pays d’implication depuis 20 ans que la présidente de la Fondation Haïti Partage (FHP), Sr Marguerite Aussant, des Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe (SSJH), a perdu la vue lors de sa plus récente mission humanitaire.

En janvier, Sr Aussant, 76 ans, s’envolait vers la péninsule Ouest d’Haïti pour évaluer l’ampleur des dégâts causés par l’ouragan Matthew survenu dans la nuit du 4 octobre. Les maisons, les écoles, les plantations, les animaux et l’ensemble du territoire ont été ravagés, dans l’une des tempêtes les plus destructrices pour la terre de la Grand’Anse. La FHP est la seule Fondation québécoise à assurer son aide dans cette région.

« Tout est tombé. J’ai vu entre Jérémie et Abricots un paysage de mort », a résumé Sr Aussant. Les projets de longue date initiés par la FHP n’ont pas été épargnés, eux aussi effondrés sur le sol haïtien. « Toutes les petites écoles qu’on avait aidé à construire en montagne ont été détruites. C’était un honneur pour nous de participer à l’avancement de l’éducation », a-t-elle donné en exemple. La présidente de la FHP avait d’ailleurs lancé un cri du cœur à la population maskoutaine avant son départ, ce qui lui a permis de remettre un peu plus de 83 000 $ pour aider d’urgence les sinistrés.

Après avoir vu la détresse du peuple et les débris de l’ouragan, c’est dans les derniers jours de sa mission qu’un trouble de la vision encore inexpliqué s’est manifesté, obligeant son retour accéléré au Québec. Depuis, sa vue est pratiquement nulle et d’autres problèmes de santé secondaires se sont présentés.

« J’ai bien vécu ça. Le miracle est dans l’acceptation, dans le courage, dans la confiance, dans l’espérance et la patience », confie-t-elle.

Aider autrement

Ce voyage humanitaire à Haïti était devenu une tradition pour Sr Aussant depuis 2004. Bien que ce ne soit pas la finalité qu’elle avait imaginée, ayant toujours eu une santé de fer jusqu’ici, sa condition l’oblige désormais à délaisser ses fonctions de présidente de la Fondation pour un temps indéterminé.

Cette implication est encore aujourd’hui la raison de vivre de Sr Aussant, touchée par la misère de ce pays comme s’il était le sien. C’est avec le sourire et beaucoup de fierté qu’elle parle des projets antérieurs et à venir, notamment de la construction d’une nouvelle école primaire résistante dans la région des Abricots, d’une valeur totalisant près de 400 000 $. Ce projet marquera les 50 ans de la Fondation et sera réalisé en partenariat avec Terre Sans Frontières.

« Ça s’appelle Bois pagnol. Ce sera neuf classes qui répondent aux exigences gouvernementales et l’école devait ouvrir  ses portes au début octobre », explique-t-elle. « Je veux vraiment remercier, au nom de la Fondation, tous les Maskoutains qui ont donné généreusement pour cette cause », a-t-elle insisté à maintes reprises, avec beaucoup de reconnaissance.

Par Marie-Pier Leboeuf

Journée de la diaspora haïtienne

Pierre La Rocque, trésorier de la Fondation Haïti Partage, prenait la parole en après-midi, le 28 avril 2017 pour présenter les projets et réalisations de la Fondation en Haïti. Parmi ses co-panelistes, mentionnons un représentant de la Croix-Rouge canadienne et un de SUCO, organisme canadien de coopération internationale et développement durable.

« Un pas vers l’avenir » voilà le thème retenu pour la 5éme édition de la Journée Internationale de la Diaspora haïtienne. L’événement s’est tenu les 28 au 29 avril 2017 à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

L’évènement est organisé en collaboration avec l’Institut d’études internationales de Montréal (IEIM), Société d’Appui à la formation Professionnelle et Technique (SOFAPTEC), l’Observatoire canadien sur les crises et l’aide humanitaire (OCCAH) Maison d’Haïti, Industrielle Alliance, le Bureau de la communauté haïtienne de Montréal et plusieurs organisations, institutions du secteur privé et public.

Les thématiques abordées :

  • Coopération et économie solidaire ;
  • Éducation et développement durable ;
  • Intégration de la diaspora au sein de la société d’accueil : Outil pour mieux réussir ;
  • Relation commerciale Québec-Haïti-Canada ;
  • L’intégration des haïtiens vivant à l’étranger sur la scène politique et économie d’Haïti.

http://journeediaspora.com/

Texte de la présentation de Pierre La Rocque

Un SOS adressé aux Mascoutains

Les ravages causés par l’ouragan Matthew en Haïti sont bien réels, surtout sur la péninsule ouest qui a été la plus durement touchée. La présidente de la fondation Haïti Partage, Sr Marguerite Aussant, des Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe, interpelle les Maskoutains afin d’aider le plus rapidement possible des communautés dévastées par la catastrophe naturelle.

Les toits se sont envolés, des écoles et des orphelinats détruits, les bananiers et les manguiers endommagés, puis les jardins ont été ravagés par les inondations. « Tout est brisé là-bas, résume simplement Sr Aussant.  À Jérémie et à Abricot (à quelque 300 km à l’ouest de Port-au-Prince), les vents ont atteint jusqu’à 240 km/h. C’est l’endroit où ils ont soufflé le plus fort au pays. » La Fondation Haïti Partage serait d’ailleurs la seule organisation humanitaire québécoise présente dans cette région d’Haïti.

« Il y a beaucoup de résilience chez les gens à Haïti, mais on commence aussi à sentir du découragement », note Sr Aussant. Il y a pourtant quelques mois à peine, elle posait un regard optimiste sur la relance des récoltes lors d’une visite d’un peu plus de deux semaines dans ce pays. Mais tout sera à recommencer, encore une fois.

L’ouragan Matthew, de catégorie 4, a frappé de plein fouet Haïti le 4 octobre, faisant tout près de 500 morts, selon différents médias, et quelques centaines de blessés. En plus des vies fauchées, la tempête a détruit de nombreux villages, dans une région qui se relève toujours du dévastateur tremblement de terre de 2010.

La mobilisation mondiale tarde à se faire sentir, a noté au cours de la fin de semaine le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, lors d’un passage à Haïti. L’ONU estime à plus de 120 millions de dollars le montant nécessaire pour répondre à l’appel d’urgence et ainsi couvrir les besoins vitaux des sinistrés. Mais pour l’instant, à peine 13 % de la somme aurait été amassée. Du nombre, le gouvernement canadien a déjà annoncé qu’il verserait plus de six millions de dollars pour venir en aide aux Haïtiens touchés par la crise.

« Je lance un SOS à la population, a poursuivi Sr Marguertie Aussant. Tous les dons qui sont faits iront à 100 % pour venir en aide aux sinistrés de l’ouragan Matthew. »

MAXIME PRÉVOST-DURAND

Des nouvelle des Abricots

Chers amis,

Je passe par un ami puisqu’ ici nous sommes isolés depuis le passage de cet ouragan dévastateur qui a duré 12 heures. Alors qu’après 4 heures de cauchemar nous pensions revivre normalement, façon de parler vu les dégâts, les écoles détruites, les panneaux solaires si précieux par terre, et heureusement que la veille le maire avait demandé à la population de quitter leurs habitations pour monter afin d’éviter d’être noyés, ces familles qui commençaient à redescendre, par des chemins rendus dangereux par la chute des arbres, nous avons eu droit à ce qu’il y a de pire, le retour de l’ouragan. Nous étions dans « l’œil » avec les vents tournant dans l’autre sens : 240 km/h !  Causant encore plus de dégâts notamment dans les locaux d’accueil obligeant les sinistrés à fuir vers d’autres points d’accueil sous une pluie intense et un vent a plus de 240km/h. En tant que témoin directe, nous étions « privilégiés » mais je peux vous assurer que ce sont des heures très longues, épouvantes.  Nous nous tenions dans le seul coin du salon qui recevait moins de pluie mais suffisamment pour nous faire greloter de froid tout en comptant les heures, la maison de Mica, du moins les murs ont résisté mais, sa forêt n’existe plus. Planté il y a 41 ans dès son arrivée aux Abricots avec Patrick, ces grands cocotiers, manguiers, orangers, arbres du voyageurs, etc, tous ces arbres, qui faisaient la beauté du site et la fierté de Mica, et que, quelques jours avant j’avais pris en photos, gisent par terre. Maintenant on voit la mer sans problème. Cette mer furieuse, déchainée avec des vagues de 10 mètres qui ont détruits les maisons en bordure de mer détruisant la petite digue au passage. Un vent incroyablement violent qui s’accompagnait d’un vrai déluge, noyant les maisons et les animaux, arrachant les arbres et les cultures, emportant les toits, et la maison de Mica n’y a pas échappé, un cocotier tombant sur la toiture a coupé la charpente en deux sur la partie droite. Sur la gauche, alors que le toit venait d’être refait dans la semaine, il ne reste plus que quelques poutres, les gerbes de vétiver tapissent la pelouse.

Pour les membres de VSF (Vêtements Sans Frontières), je vous montrerai des photos et des petits films dès mon retour. Ce lieu paradisiaque s’est transformé en paysage apocalyptique. Une vraie catastrophe autant humaine qu’écologique. Plus d’arbre, 3 700 personnes sur la commune des Abricots ont tout perdu et dorment dans des centres comme certaines écoles.

Nous avons un besoin urgent d’aide pour en premier acheter de quoi nourrir la population. Pour l’instant nous n’avons aucune nouvelle des mornes et nous craignons le pire car eux n’avaient pas de centres d’accueil, excepté deux écoles de la fondation nous a-t-on dit. Nous vous prions d’adresser vos dons à la Fondation Haïti Partage qui soutient Mica depuis tant d’années.

Nous vous remercions d’avance.

Marie-Madeleine Girodias
Présidente de Vêtements Sans Frontières
Membre du CA de Paradis des Indiens

Des boîtes de livres pour Haïti

À la fin du mois d’août, 30 boîtes de livres, articles scolaires et équipement de soccer sont parties pour Haïti.  L’envoi a été financé par une campagne de financement participatif et FHP.  Les bénéficiaires de l’envoi sont : la bibliothèque Angèle Garceau et les écoles de Paradis des Indiens aux Abricots, ainsi que la bibliothèque du Centre Numa-Drouin, l’orphelinat du centre Perpétuel Secours, l’école Grand’Anse de Football et l’organisation Semeurs d’espoir à Jérémie.

C’est avec le soutien de la Fondation du Dr Julien, du Comité d’aide aux Lachenois, du Comptoir d’Entraide et de la bibliothèque de Terrebonne, de la bibliothèque des résidences Lux à Montréal, de l’association de soccer mineur de Terrebonne et de plusieurs dons privés que cet envoi a été rendu possible.  Merci à tous.

Pierre La Rocque

Mica lauréate d’un prix

Michaëlle de Verteuil est lauréate pour un prix d’excellence GRAHN. Elle a reçu son hommage le 7 janvier à Port-au-Prince.

Le Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle (GRAHN) fonde sa réflexion et son action sur six principes qui constituent ses valeurs :

–   Justice sociale et participation citoyenne : reconstruire une citoyenneté partagée qui permet à chaque Haïtienne/Haïtien de jouir pleinement de ses droits, sans aucune forme de discrimination, tout en assumant pleinement ses devoirs envers la société;
–   Droit et accessibilité aux services de base : reconnaître le droit de tout citoyen à des services de base tels l’éducation, la santé, l’alimentation, l’eau potable, le logement, et entreprendre les actions nécessaires visant à terme l’accessibilité de ces services de base à tous les Haïtiennes/Haïtiens, sans exclusive;
–   Continuité des actions positives : identifier, valoriser et poursuivre les bonnes initiatives qui ont cours dans le pays, en évitant de faire table rase des expériences édifiantes;
–   Arrimage avec le pays intérieur comme manifestation de la solidarité nationale : prendre en compte les aspirations et les préoccupations de la société civile haïtienne afin de contribuer à la réalisation de celles-ci et de les porter au-devant de la scène internationale;
–   Urgence compatible avec le long terme : régler les problèmes urgents d’aujourd’hui en ayant recours à des solutions intelligentes et responsables qui n’hypothèquent pas l’avenir du pays;
–   Développement durable : privilégier les choix de reconstruction et de développement qui préservent les générations futures.

Pour promouvoir ces valeurs au sein de la société haïtienne et dans toutes les régions du pays, le GRAHN a instauré en 2011 un programme de Prix d’excellence visant à reconnaître et à présenter en exemple les individus ou les organismes qui incarnent ces valeurs à l’échelle nationale. C’est aussi pour perpétuer la mémoire des centaines de milliers de personnes emportées par le séisme du 12 janvier que le GRAHN a institué ce programme de Prix d’excellence. C’est enfin pour rendre hommage aux milliers d’anonymes de tous les coins du pays, qui travaillent dans l’ombre à améliorer la vie et entretenir l’espoir dans leur environnement immédiat et bien au-delà.

Dans cette démarche, le GRAHN cherche à renforcer au pays une culture d’excellence dans toutes les sphères d’activités, en mettant l’accent sur la réussite collective et le souci du bien commun. Cette culture de l’excellence réfère à ce réflexe naturel qui caractérise tout être humain normalement constitué de se retourner vers ce qu’il y a de meilleur pour guérir ses êtres chers, panser ses blessures profondes, calmer ses douleurs intenses, satisfaire ses besoins urgents, résoudre ses problèmes complexes, etc. L’excellence correspond donc à cet idéal que doit poursuivre toute société désireuse de progrès et de bien-être, à cette nécessité de viser toujours plus haut pour éviter la stagnation, les dérives et la descente aux enfers. La démarche du GRAHN s’inscrit donc dans cette quête de progrès social par la valorisation et la stimulation des personnes qui incarnent le goût du travail bien fait, la persévérance dans la quête d’un monde meilleur, le dépassement de soi et le sens de l’éthique.

Dans le cadre de la quatrième édition de ce programme, le Jury International de Sélection 2015 (JIS-2015) a retenu la candidature de 16 personnes et organismes d’exception qui ont reçu un hommage public, au cours de la cérémonie qui a eu lieu le jeudi 7 janvier 2016 au Karibe Convention Center à Pétion-Ville. Michaëlle de Verteuil a reçu le prix de l’éducateur.

Voici la liste des autres lauréat(e)s :

–         Madame Uzale Remay, de Jacmel, le prix de l’Action Citoyenne
–         Le Père Gérard Dormevil, des Gonaïves, le prix de l’Agriculteur
–         M. Péralte Pierre, de Hinche, le prix de l’Artisan
–         Soeur Maureen Fuelkell, de Cap Haïtien, le prix de la Collaboration et de l’Entraide
–         Madame Nahomie Simon, de Mirebalais, le prix de l’Entreprenariat «Madan Sara»
–         Campus de l’Université Chrétienne d’Haïti, à Limbé, le prix de l’Environnement et de l’Aménagement
–         M. Richet Junior Jacques, des Gonaïves, le prix du Jeune Entrepreneur
–         M. Gaston Jean, du Gros-Morne, le prix du Leadership
–         M. Émile Célestin-Mégie, de Marigot, le prix Littérature d’expression créole
–         M. Markendy Simon, de Kavasal, le prix de Littérature d’expression française
–         Bibliothèque Georges Castera du Limbé, le prix de l’Organisme
–         M. Jean-Édy Théard, de Mare-Touge, le prix de la Ruralité
–         Dr. Roberte Momplaisir, de Port-au-Prince, le prix du Scientifique
–         Madame Alexandra Fiéfié, de Jacmel, le prix Groupe Jean Vorbe du Sportif féminin
–         M. Jean-Louis Killick, de Cap Haïtien, le prix Jean Vorbe du sportif masculin

 

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