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Centre de Santé St-Joseph

Objet : Note de remerciements à la Fondation Haïti Partage

J’ai la chance d’être né dans un petit coin de terre appelé Abricots, un village qui conserve sa beauté naturelle, enclavé, isolé du reste du pays où l’accès aux soins reste un problème majeur pour la population.  Avec environ 36 000 habitants, la commune ne compte qu’un seul centre de santé officiel et une infirmerie scolaire construite par la Fondation Paradis des Indiens.  Incroyable mais vrai, la commune des Abricots n’a jamais eu un médecin nommé par le Ministère de la Santé.  Je suis le premier et l’unique médecin.  J’ai commencé bénévolement en tant que médecin indépendant avec l’appui de l’AAMH de 2008 à 2010.

Après mes études en Espagne et une courte mission avec Médecin Sans Frontière, j’ai décidé de retourner définitivement dans mon village pour répondre à ma vocation de l’humanisme, de civisme et mon engagement avec les pauvres paysans.  Les gens me voient comme un sauveur, mais dans mon humilité, je ne suis qu’un serviteur.  En poste officiellement depuis septembre 2012 comme médecin de service, j’ai été nommé directeur médical de la commune en décembre 2012 suite aux changements brusques et importants que j’ai apportés au sein de l’institution.  Cela m’engage à lutter encore plus pour améliorer la condition sanitaire de la population qui est déjà précaire.

On a une flambée de choléra qui a débutée en juillet.  Je suis là comme unique médecin et, avec deux infirmières, on n’enregistre presque plus de décès alors qu’avant mon arrivée, il y avait des centaines de décès.

Avec les cliniques mobiles de proximité et les rencontres communautaires nous essayons de réduire le taux de mortalité pour les gens les plus éloignés des mornes, les personnes âgées, les enfants.  Le manque d’infrastructure, le mauvais état des routes, le manque de culture, d’éducation sanitaire et de ressources économiques et surtout l’absence de l’État expliquent la vulnérabilité de ces pauvres paysans.

Les problèmes sont nombreux, en plus du choléra, il y a les parasitoses, la malaria, le sarcoptose (la gale), la teigne, la malnutrition, les jeunes adolescentes qui ont deux enfants, les familles de 5 à 10 enfants sans pères, les personnes âgées abandonnées dans des chaumières, etc.

Beaucoup de défis nous attendent : l’aménagement et l’organisation du Centre, les épidémies de choléra, de gale et de teigne, les cliniques mobiles dans les mornes et l’approvisionnement de l’eau dans certaines zones.

Je dois vous transférer tous les mots de remerciement que j’ai reçus de la part des paysans sous forme de bisous, de cris d’allégresse, de soupirs de soulagement et de témoignages de satisfaction.

Merci encore merci, convaincu que vos moyens sont limités, mais vous partagez ce que vous avez avec nos pauvres paysans.  Les 1000 dollars sont arrivés au bon moment.  Ils nous ont permis d’acheter des intrants, des médicaments et d’accompagner la population.

Polycarpe Jean Amos

Directeur médical centre sante Abricots
Directeur de CCSA Equipe kouman nou ye
Responsable Médical de la protection civile et de la Croix-Rouge locale
Médecin responsable de l’infirmerie scolaire de la Fondation Paradis des Indiens